Croissance encore positive (+ 0,5 %) pour l’artisanat du bâtiment au 3e trimestre 2008
Communiqué de presse de la Capeb du 14 Octobre 2008.
Jean Lardin (Président de la CAPEB) : « Oui, l’économie réelle est touchée. Pour le moment, l’artisanat résiste, mais pour combien de temps ? »
Après un second trimestre 2008 marqué par un ralentissement, l’activité de l’artisanat du bâtiment dans le neuf affiche une croissance égale à zéro, contre + 0,5 % dans l’entretien rénovation. La baisse d’activité est généralisée à l’ensemble du secteur, avec toutefois quelques disparités selon les corps de métiers, les régions, les secteurs du neuf ou de la rénovation.
L’activité de l’artisanat du bâtiment freinée par le recul sur le neuf
Le ralentissement de l’activité dans le secteur du bâtiment dans son ensemble, amorcé au 2e trimestre 2008, se poursuit. La baisse s’accentue fortement au 3e trimestre avec une croissance nulle, soit 2,5 points de moins par rapport au même trimestre l’année précédente. Au sein de la branche, l’artisanat du bâtiment parvient à se maintenir avec une légère progression (+0,5 % en volume). Cependant la tendance générale est au ralentissement : la progression sur l’ensemble des 12 derniers mois est de 1 % en volume, conformément aux prévisions des économistes de la CAPEB en juillet dernier. Certaines professions sont plus touchées que d’autres. Les peintres en décor, les plâtriers, les métiers de la couverture plomberie chauffage et de l’électricité connaissent une activité en légère hausse (entre +1 et +1,5 %). Si les menuisiers et serruriers connaissent une stagnation, les maçons subissent un repli de l’ordre de -1 %. L’activité dans le Sud de la France est en recul important, tandis que celles des régions de l’Ouest, du Centre et de Rhône-Alpes restent encore bien orientées Les entreprises employant moins de 10 salariés encaissent mieux les effets de la crise, les entreprises de 10 à 20 salariés étant plus touchées par le ralentissement.
Une baisse des commandes à l’origine du recul de l’activité
La baisse des mises en chantier est l’une des principales causes de ce ralentissement. Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat et de coût du crédit, les particuliers semblent moins enclins à effectuer des travaux. Ainsi 17 % des entreprises constatent un ralentissement des commandes, et 21 % une baisse. Conséquence : la visibilité des artisans sur les chantiers futurs diminue. Alors qu’ils avaient des carnets de commande remplis en moyenne pour 7 à 8 mois, cette durée a diminué de 2 mois cette année.
« Selon nos adhérents, le nombre d’appels téléphoniques, de rendez-vous et de devis est en nette régression depuis la rentrée 2008. C’est extrêmement préoccupant et laisse augurer des trimestres à venir difficiles. », explique Jean Lardin, Président de la CAPEB.
Les conséquences de la crise à court terme
La CAPEB estime que « l’économie réelle est touchée », mais rappelle aussi que deux éléments importants caractérisent la situation conjoncturelle : la brutalité de la crise, survenue en fin de ce 3ème trimestre 2008, et l’incertitude de sa durée. Les risques pour l’emploi dans le secteur sont directement liés à cette durée. On peut cependant et d’expérience dire que ces risques sont toujours « plus faibles » dans les entreprises artisanales, et surtout dans les plus petites d’entre elles. La CAPEB compte beaucoup sur le relais de croissance que constituera les mesures envisagées dans le cadre des projets de loi (Grenelle 1 + Grenelle 2 + Projet de loi de finances). Le soutien apporté à une politique de réhabilitation durable est un bien meilleur lieu d’investissement pour l’Etat : ainsi serait créé de l’emploi pérenne, ainsi serait soutenue la demande de consommation des particuliers, ainsi serait encouragé la formation des professionnels et les marchés.
« Si l’activité du bâtiment est lié au moral des ménages, dont les crédits à l’habitat reculent de 10%, nous attendons beaucoup du Grenelle de l’environnement pour maintenir notre niveau d’emploi et relancer le pouvoir d’achat de nos clients » estime Jean Lardin
Les crédits pour les entreprises artisanales du bâtiment sont plus stricts. Les banques sont plus exigeantes pour l’octroi d’un crédit d’investissement. Cette restriction des financements vient s’opérer dans un contexte où les entreprises artisanales déclarent subir une dégradation de leur trésorerie : 19 % des entreprises déclarent une détérioration de leur trésorerie et 10 % annoncent une amélioration.
« En conclusion, l’artisanat du bâtiment résiste mieux, on devrait arriver au 31 décembre 2008 sans trop de dommage, mais je redoute l’année 2009. Saluons cependant les mesures gouvernementales et européennes prises ce week-end qui ont eu un effet très positif sur la relance de la confiance.» selon Jean Lardin
Les autres notes sur la conjoncture du bâtiment :
|